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(dernière mise à jour: 19 08 2009)



Jeudi 24 mai 2007



Bien que non repartis dans les baies selon leur ordre initial, les vitraux de l’église Saint-Guillaume constituent un ensemble très appréciable et, en dépit des interventions restauratrices du 19ème siècle, d’une incontestable qualité. Des vitraux de l’abside, obstruée aujourd’hui, subsistent essentiellement une belle tête d’ange en médaillon (8) et les panneaux de la vie du Christ qui ornent la grande baie occidentale en façade (0). Ces vitraux à l’écriture cursive, empreinte de joliesse, datent du début du XIVème siècle (vers 1310). Ils ont l’avantage de pouvoir être contemplés de près, du haut de la tribune. Le XVème siècle est plus abondamment et remarquablement représenté, bien que  restauré et « complété » au XIXème. Un atelier des années 1440- 60 y est à l’oeuvre, tout comme il le fut dans l’église de Walbourg (Bas-Rhin) dont le maître, inconnu, s’est plus ou moins inspiré du «maître de la Passion de Karlsruhe ». Mais l’essentiel de cet ensemble de Saint-Guillaume est dû à l’équipe constituée en 1477 autour de Pierre Hemmel d’Andlau, qui comprenait les peintres-verriers Jean de Marmoutier, Thiébaut de Lixheim et Werner Störe. Il est bien difficile de préciser la part de création qui revenait à chacun d’eux, d’autant plus que, comme il a pu être constaté à Walbourg, la répartition des tâches a pu s’opérer à l’intérieur de chaque panneau selon la spécialité de l’artiste : visages, draperies et éléments de nature (plantes et animaux). Mais il convient de reconnaître la main du chef de cette équipe, Pierre d’Andlau, principalement dans la verrière de Sainte- Catherine (I) que l’on peut apprécier du haut de la tribune latérale. Son art met en évidence une extraordinaire qualité tant technique qu’affective et spirituelle. La « cuisine picturale » propre à cet art
du verre y est d’une subtilité et d’une force expressive remarquables. L’on sait que des commandes de vitraux lui ont été passées, de Nancy à Ulm, Passau, Munich, Lautenburg (Bade), sans oublier celles de Sainte-Madeleine et de Saint-Pierre-le-Vieux à Strasbourg. L’église se devait d’illustrer dans le vitrail les vies légendaires de saint Guillaume d’Aquitaine, cousin de Charlemagne, et de Saint Guillaume de Maleval, abbé toscan du
XIIème siècle. Deux vitraux particuliers attirent l’attention : un grand Calvaire (7) et, à sa gauche, un petit vitrail « bourgeois » de la fin du XVIème siècle, probablement attribuable à l’un des peintres Linck, rare témoin de cet art qu’illustra jadis l’ensemble des petits vitraux de la Vie du Christ à la Chartreuse de Molsheim.

Victor BEYER – ami 285

Référence bibliographique : Les vitraux de Lorraine et d’Alsace, pr Michel Hérold et Françoise Gatouillat, CVAM, Inventaire général des richesses artistiques de la France, 1994, p.214 -222 (F.Gatouillat).
Par la paroisse de Saint-Guillaume - Publié dans : Histoire
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